Claire-Lise Weill-Rabaud, des engagements, toute sa vie :

 

« En 2003, j’ai appris que l’État avait décidé de bâtir un CRA (centre de rétention administrative) dans ma commune, à Palaiseau. Quand un étranger sans-papier est arrêté, il est placé, depuis octobre 1981, dans un de ces établissements, attendant, pendant une période pouvant aller jusqu’à 45 jours (depuis le 1er janvier 2019, cette durée est passée à 90 jours), de savoir s’il va ou non être expulsé de France.

Avant que ce nouveau CRA ne sorte de terre, nous sommes un certain nombre à nous être mobilisés. Notre petit groupe était alors informel. Nous venions d’horizons très différents (...) Nous avons aussi tenté de mobiliser la population. Un jour, constatant qu’un début de travaux se faisait à l’emplacement prévu (à côté du commissariat), nous avons décidé de nous regrouper au pied de la grue d’une dizaine de mètres qu’ils avaient installée. Quelques-uns l’ont escaladée pour accrocher une banderole « Non à un CRA à Palaiseau », pendant que les autres, armés de casseroles, faisaient un maximum de bruit.

Malheureusement, cela n’a pas arrêté le projet et il a fallu nous rendre à l’évidence : un CRA serait construit sur notre commune. Il a ouvert en 2004. Nous devions désormais nous déterminer autrement, avec d’autres types d’actions, être prêts à intervenir d’une façon ou d’une autre dans ce centre qui allait enfermer des étrangers, sous prétexte qu’ils n’avaient pas de papiers. On s’est concerté pour savoir comment nous y prendre pour avoir un maximum de proximité avec les retenus, leur faire savoir que nous étions opposés à la façon dont notre pays les traitait, obtenir des autorisations de visite…» 

 

 

 

Et si cet extrait du témoignage de Claire-Lise Weill Rabaud vous a intéressé.e...

... le texte intégral est dans le livre Talents que vous pouvez trouver ici